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1945 - La Belle et la Bête
 

 

 

 

 

 
 
     Réalisateur : Jean Cocteau,
   Acteurs : Josette Day, Jean Marais,
   Producteur : André Paulvé,
   Genre : Fantastique
   Noir & Blanc
   Durée : 96 mn

 voir sur Wikipédia
 

La Belle et la Bête

 

La Belle et la Bête a 70 ans :
derrière le mythe,
un tournage tragique,

La Belle et la Bête

Le 29 octobre 1946 sortait la magnifique adaptation du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont par Jean Cocteau. Un conte de fées à la tonalité sombre et à la beauté étrange entré au panthéon des chefs d'œuvre de l'histoire du cinéma. Ce que l'on sait moins, c'est que le réalisateur est tombé malade pendant le tournage et a failli y laisser sa vie.

Le 29 octobre 1946 sortait La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Une réécriture sublime, à bien des égards novatrice, du conte écrit par Mme Leprince de Beaumont.

Une œuvre dont le tournage aura été aussi difficile que sa postérité incontestable. En effet, quelques semaines seulement après le début du tournage, en août 1945, Jean Cocteau tombe malade. Il contracte, entre autres, plusieurs maladies de peaux - eczéma, impétigo, furoncles, urticaire... Sur le plateau de tournage, partagé entre le château de Raray (Oise) et les studios d'Épinay-sur-Seine, et devant les yeux de ses acteurs, Josette Day (la Belle) et surtout Jean Marais (la Bête), le réalisateur voit son visage se recouvrir de plaques, de boursouflures, de plaies.

"Les sunlights le blessaient. Il travaillait avec un chapeau sur lequel il fixait des épingles à linge, un papier noir percé de deux trous pour les yeux", décrit Jean Marais dans Histoires de ma vie.

Cocteau se voit lui-même se métamorphoser en bête

Dans son carnet de bord, l'artiste raconte comment il se voit, au fil des jours de tournage, lui-même devenir une bête. "N'est-il pas dans ma ligne que mon visage se détruise, enfle, craque, se couvre de blessures et de poils, que ma main saigne et suinte puisque je couvre le visage et la main de Marais d'une carapace si douloureuse que le démaquillage ressemble au supplice de mes pansements?".

Malgré la douleur indicible et les recommandations des médecins, qui ne lui laissent que 48H à vivre, Cocteau s'accroche avec "patience", "courtoisie", et même "bonne humeur" et mène le tournage à bien. À raison: lors de sa sortie en salles, un an plus tard, le film fait un triomphe.

En 1968, cinq ans après la mort de Cocteau, Jean Marais saluera à la télévision le "courage fantastique" du réalisateur. "Malgré cette souffrance de toutes les secondes, il donnait sur le plateau une atmosphère de gentillesse, de drôlerie. (...) Il me disait, tu vois, je te couvre de poils, et pour me punir, le Bon Dieu me rend la pareille, je suis moi-même couvert de poils".
 


article paru, le 29 octobre 2016, dans
 

 
 
 

extraits du carnet de bord de Jean Cocteau, durant le tournage de ce film et concernant les studios d'Epinay :
 
(il faut néanmoins se souvenir qu'il était très malade pendant son tournage ; voir ci-dessus)

14 septembre 1945"
Eté à Epinay où trois productions doivent tourner ensemble, ce qui nous supprime de l’électricité. Le bruit des trains et des avions empêche le travail. Je tournerai la nuit toutes les scènes de la Bête malade au bord de l'eau."

15 septembre 1945
"Allons à Epinay. Manque de personnel, de câbles, d'arcs. Lieu funeste et qui pue. Les machinistes commencent à monter la porte. Darbon arrive. Nous lui disons qu'il serait fou de bâtir les échafaudages et les bâches d'un studio autour d'un décor nul. Mieux vaudrait faire un décor en studio. Nous accepterions de tourner la porte à Epinay et nous irions deux jours à Raray où Alekan offre de tourner par temps gris avec un très faible appoint d'électricité. Darbon marche."

4 octobre 1945
"Hier, au bistrot d'Epinay, Paulvé déjeunait avec des personnalités importantes de son conseil d'administration et du journalisme. Mouvier me dit :"On compte sur votre film pour relever le cinéma français". Je lui réponds : "Il est drôle qu'on m'attaque partout en France et qu'en même temps on compe sur moi pour sauver le prestige de ce pays qui m'engueule. Je ferai de mon mieux pour que ce film me plaise et plaise à ceux que j'aime, je ne vous promets rien de plus.

7 octobre 1945
"Venons enfin de quitter cet épouvantable studio d'Epinay, sorte d'égoût entouré de trains, d'autobus, de bûcherons et de pintades. Il est impossible d'y prendre autre chose que des sons témoins."

extrait du site Web de la Cinémathèque
 

 
 

Lieux de tournage

Les scènes extérieures ont notamment été tournées :

  • dans l'Oise

    • au Château de Raray

  • dans le Val-d'Oise

    • à l'Abbaye de Royaumont.

  • en Indre-et-Loire

    • Le Moulin de Touvoie à Rochecorbon est la maison de la Belle.

    • Parçay-Meslay

  • Dans le Alpes-Maritimes

    • Èze

Les scènes en studios ont été tournées :

  • aux Studios Franstudio de Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne

  • aux Studios Éclair d'Epinay sur Seine

  • aux Studios de Joinville à Joinville le Pont

extrait de Wikipédia.
 

     
     
   Pour la mémoire, la conservation, la valorisation de l’histoire et de l’économie de l’industrie du film à Epinay, Cité du Cinéma.  
   

dernière mise à jour :
03 décembre 2016