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D'après le "Petit Journal"
et du "Figaro", du 22 janvier 1938,
publié par "La France pittoresque", du 22 janvier
2012,
(http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5611),
Le 20 janvier 1938 disparaissait le Français Émile Cohl,
l’inventeur du dessin animé cinématographique, avec son
Fantasmagorie projeté le 17 août 1908.
Si Walt Disney lui doit sa fortune, Cohl meurt en
revanche dans une misère semblant être le lot de nombre d’hommes
de génie.

Dans
son numéro du 22 janvier 1938, Le Petit Journal rendait
ainsi hommage à l’inventeur :
« Émile
Cohl, l’inventeur du dessin animé, est mort. Il
était de ceux dont la modestie semble les tenir écarter de la
gloire et de la fortune. Et nous avons dit ici-même, il y a
quelques mois, alors que ses amis venaient de fêter son
quatre-vingtième anniversaire, la situation pénible dans
laquelle il se trouvait.
« Lorsque le consul de France à Los Angeles remit, peu de temps
auparavant, la croix de la Légion d’honneur à
Walt Disney, le père de Mickey et le créateur des Silly
Symphonies, celui-ci tint à rendre hommage à Émile Cohl.
Mais savait-il, lui, qui devait sa fortune à l’invention du
dessinateur français, que ce dernier se trouvait dans la misère
et n’avait pour vivre qu’une maigre allocation de chômage ? Tout
juste de quoi ne pas mendier !
« Il n’y a d’ailleurs que la Société d’Encouragement pour
l’industrie nationale qui se soit occupé d’Émile Cohl. Le
13 janvier 1937, elle lui décerna, en effet, sa grande médaille
et une somme de quatre mille francs. Mais c’était là un hommage
bien tardif. Et tout le monde semble, décidément, avoir oublié
que le disparu était l’auteur de la prestigieuse
Fantasmagorie qui fut présentée au Théâtre du Gymnase, le 17
août 1908, d’Agenor, de Maltroué, des Aventures
du Baron Crac, et, surtout, de cette bande d’une ravissante
féerie : Rien n’est impossible à l’homme, dont les
images, patiemment, furent dessinées une à une. »
Le Figaro
relatait quant à lui en ces termes la disparition de cet homme
de génie :
« Dans un lit d’hospice de la banlieue sud de Paris, Émile Cohl,
grand précurseur du cinéma, est mort avant-hier à 81 ans. Il
avait doté le cinéma d’une de ses plus magnifiques conquêtes :
le dessin animé. Après la guerre, les Etats-Unis s’emparèrent de
son idée et lui donnèrent un immense développement. Et Cohl
s’appauvrissait au fur et à mesure que son invention
enrichissait ceux qui, au delà des mers, élargissaient la voie
qu’il avait tracée.
« Il y a quelques jours, une manifestation organisée en sa faveur
devait lui rapporter quelques subsides. D’autre part, ses amis
venaient de se grouper afin de lui obtenir des soins dans une
clinique. Initiatives généreuses, certes, auxquelles le Figaro
ne fut pas étranger, mais hélas tardives. Emile Cohl ne pouvait
plus attendre. C’est le lot des inventeurs et des savants de
mourir pauvres. Du moins chez nous. »
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