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Claude Lelouch au chevet
des studios de cinéma ÉCLAIR,

 

 

 

 

 
 
 

  Article paru dans le Journal :

le lundi 1er juillet 2015
 

       Ils étaient plus de 200, hier matin à Vanves (Hauts-de-Seine), devant le siège d'Eclair Groupe, l'entreprise historique du cinéma français, qui vient d'être placée en redressement judiciaire. Certains sont venus d'Epinay-sur-Seine, le site historique du groupe, constitué autour des laboratoires Eclair, aujourd'hui spécialisé dans la postproduction (montage, génériques, copies...), l'adaptation (doublage, sous-titrage) pour le cinéma ou la télévision, et la restauration.

Le virage du numérique a été difficile, les effectifs avaient déjà diminué de moitié au fil des plans sociaux. Mais les salariés craignent cette fois leur disparition pure et simple : « On est quelque 300, sans compter 400 intermittents tous les mois, il faut sauver nos emplois, mais pas seulement, explique Lise Bennisson, déléguée CFDT. Eclair, c'est plus de cent ans de cinéma, notre savoir-faire, nos compétences. On veut qu'ils soient pérennisés. »

Dans la foule, un soutien de poids arrive sous les vivats : le réalisateur Claude Lelouch tenait à être là. « J'ai fait mon premier film à Eclair en 1960, et tous les autres ensuite. Parce qu'ici, c'est la qualité, on ne peut pas tuer la qualité ! s'écrie l'artiste. Il faut que tout le cinéma français soutienne le groupe, les plus beaux films ont été faits ici, c'est impensable qu'il disparaisse. Sans Eclair, c'est l'histoire du cinéma français qui disparaît ! »

Les salariés ne comprennent pas : « Il y a trois semaines, au Festival de Cannes, on annonçait un chiffre d'affaires de 34 M€, la direction disait vouloir sauver la boîte, et là, ils veulent vendre, proteste Laurent Blois, du Spiac-CGT. Pourtant, on est le pays qui produit le plus de films en Europe, plus de 200 par an, il y a du travail ! »

Dans les locaux, Patrice Dupont, le nouveau PDG nommé le 27 mai, veut expliquer la situation : « L'activité n'était pas si mauvaise mais la dette du groupe se monte à 25 M€. On a été obligés de chercher une solution », explique le patron chargé de la transition, qui affiche sa confiance : « Une dizaine d'entreprises du secteur ont montré des marques d'intérêt, ont demandé à voir le dossier, c'est positif. » Le repreneur éventuel sera connu à la mi-juillet. Et le PDG l'assure : « Notre souci, c'est de préserver le maximum d'emplois et que l'entreprise soit reprise dans sa totalité. »
 

 

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dernière mise à jour :
26 novembre 2016