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La Belle et la Bête a 70 ans :
derrière le mythe,
un tournage tragique,

 

 

 

 

 
 
 

  Article paru dans :

le lundi 29 octobre 2016
 

Le 29 octobre 1946 sortait la magnifique adaptation du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont par Jean Cocteau. Un conte de fées à la tonalité sombre et à la beauté étrange entré au panthéon des chefs d'œuvre de l'histoire du cinéma. Ce que l'on sait moins, c'est que le réalisateur est tombé malade pendant le tournage et a failli y laisser sa vie.

Le 29 octobre 1946 sortait La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Une réécriture sublime, à bien des égards novatrice, du conte écrit par Mme Leprince de Beaumont.

Une œuvre dont le tournage aura été aussi difficile que sa postérité incontestable. En effet, quelques semaines seulement après le début du tournage, en août 1945, Jean Cocteau tombe malade. Il contracte, entre autres, plusieurs maladies de peaux - eczéma, impétigo, furoncles, urticaire... Sur le plateau de tournage, partagé entre le château de Raray (Oise) et les studios d'Épinay-sur-Seine, et devant les yeux de ses acteurs, Josette Day (la Belle) et surtout Jean Marais (la Bête), le réalisateur voit son visage se recouvrir de plaques, de boursouflures, de plaies.

"Les sunlights le blessaient. Il travaillait avec un chapeau sur lequel il fixait des épingles à linge, un papier noir percé de deux trous pour les yeux", décrit Jean Marais dans Histoires de ma vie.

Cocteau se voit lui-même se métamorphoser en bête

Dans son carnet de bord, l'artiste raconte comment il se voit, au fil des jours de tournage, lui-même devenir une bête. "N'est-il pas dans ma ligne que mon visage se détruise, enfle, craque, se couvre de blessures et de poils, que ma main saigne et suinte puisque je couvre le visage et la main de Marais d'une carapace si douloureuse que le démaquillage ressemble au supplice de mes pansements?".

Malgré la douleur indicible et les recommandations des médecins, qui ne lui laissent que 48H à vivre, Cocteau s'accroche avec "patience", "courtoisie", et même "bonne humeur" et mène le tournage à bien. À raison: lors de sa sortie en salles, un an plus tard, le film fait un triomphe.

En 1968, cinq ans après la mort de Cocteau, Jean Marais saluera à la télévision le "courage fantastique" du réalisateur. "Malgré cette souffrance de toutes les secondes, il donnait sur le plateau une atmosphère de gentillesse, de drôlerie. (...) Il me disait, tu vois, je te couvre de poils, et pour me punir, le Bon Dieu me rend la pareille, je suis moi-même couvert de poils".
 

 

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dernière mise à jour :
26 novembre 2016