Victorin Jasset en avril et
mai 1912, met en scène Les Bandits en automobile,
inspirés des exploits de la Bande à Bonnot, qu’il a puisés dans
les faits relatés par la presse.
Les deux films, L’Auto grise (300 m.) et
Hors la loi
(420 m.) ont un cachet d’authenticité d’actualités
reconstituées.
Le premier, L’Auto grise sort en salle le 13 avril 1912
et comprend des scènes de meurtre, de vol et de pillage.
Le deuxième film les Hors la loi qui est interdit de
sortie, relate la suite des crimes et la chute de la Bande à
Bonnot, retranchée dans un pavillon de Choisy-le-Roi, pris
d’assaut par les forces de police.
Jasset est accusé de faire du cinéma une « ÉCOLE du CRIME
», pire que celle que propage la presse à sensation !
ENFIN , « l’initiative est prise par le maire de Belley, qui
suspend par arrêté la projection des
Bandits en automobile,
« un spectacle démoralisant au premier chef, qui ne pouvait que
satisfaire les curiosités les plus malsaines ou éveiller les
pires instincts ».
Applaudi par les milieux catholiques, l’exemple est rapidement
suivi à Lyon où Edouard Herriot promulgue un arrêté similaire le
14 juin, à Bordeaux, La Rochelle, Toulon, Lille, Rouen, Le Mans
et, bien sûr Dreux, la cité de Maurice Viollette (auteur d’un
projet de loi en 1908 pour interdire la publication de toute
illustration, affiche, gravure ou photographie «
représentant des scènes de morts ou de crime réelles ou
imaginaires »). En novembre c’est au tour du Préfet de Gironde
d’interdire « sur tout le territoire du département … les
représentations par le cinématographe de scènes d’anarchie et de
banditisme ».
(extraits de
L’encre et le sang de Dominique Kalifa. Ed.
Fayard, 1995).