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Les films tournés à Épinay 1917-1918 - Les Aventures
des Pieds Nickelés |
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Réalisateur :
Émile Cohl, Producteur : Société Française des Films Éclair Réalisation : aux Labos-Studios Éclair. Muet Noir & Blanc Genre : dessin animé |
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extraits de :
Éric Loné, « Les Aventures des Pieds Nickelés », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze [En ligne], 53 | 2007, mis en ligne le 01 décembre 2010. URL : http://1895.revues.org/2593 ; DOI : 10.4000/1895.2593 |
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Lorsque les Pieds Nickelés de Louis Forton font irruption en juin 1908 dans les pages du journal l’Épatant, la plupart des illustrés pour enfants sont régis par la presse catholique. C’est dire si les aventures des trois escrocs, leur langage argotique et leurs manières irrévérencieuses contre l’autorité tranchent avec la littérature enfantine de l’époque. Pour autant, Forton se garde bien d’égratigner avec une trop grande virulence la morale, préférant décrire avec malice les pérégrinations de ses trois personnages : Croquignol, Ribouldingue et Filochard. Celles-ci séduisent rapidement le public populaire qui leur réserve un grand succès. Mais, quand Forton est mobilisé en 1914, le célèbre trio se fait plus rare. Malgré la réédition d’anciens albums, l’appétit des lecteurs reste insatisfait. C’est à cette époque que les studios Éclair et Émile Cohl entreprennent l’adaptation cinématographique des Aventures des Pieds Nickelés sous forme de dessin animé. |
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Le projet s’oriente vers une série composée d’épisodes de 120 mètres environ (soit moins de dix minutes chacun). Tandis que les récits de Forton s’appuient sur une description réaliste et satirique de la société, Cohl ramène les personnages à lui pour les plonger dans une série de gags fantaisistes, assez éloignés de l’original. À l’instar de l’Américain Bud Fisher dans la série Mutt and Jeff (inspirée de ses propres strips), il donne une large part aux transformations physiques, ce qui lui épargne un vrai travail d’adaptation tout en facilitant le travail d’animation (ici du papier découpé). Comme il l’a déjà fait précédemment (notamment dans les Exploits de Farfadet), il recourt à l’emploi des phylactères, susceptibles de remplacer les intertitres traditionnels. |
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Des cinq épisodes présentés au public entre le 2 juin 1917 et le 16 mars 1918, la moitié seulement du métrage total a survécu. C’est le problème des séries, dont les épisodes sortaient à un mois d’intervalle et dont les copies s’éparpillaient ensuite dans la nature, séparément. Il en va ainsi de nombreux films à épisodes, comme Morgan le pirate, également produit par Éclair, et dont une seule partie est parvenue jusqu’à nous. |
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Ainsi, le premier volet des Aventures des Pieds Nickelés adaptées par Cohl est à ce jour perdu dans son intégralité. Et l’on n’en trouve semble-t-il aucun résumé dans la presse de l’époque. En revanche, une copie du deuxième épisode a été retrouvée par la Cinémathèque régionale de Bretagne. Malheureusement amputée en son milieu et partiellement décomposée, elle a été restaurée par les Archives françaises du film du CNC en 2000. On y voit le détective Zigouillot et les forces de police encercler un quartier pour mettre la main sur les trois escrocs. Pour les troisième et quatrième épisodes, il a été possible de partir d’un montage partiel effectué à partir du négatif image d’origine, déposé en 1972 aux Archives françaises du film du CNC par un collectionneur. Malgré la présence d’une copie nitrate qui aurait pu compléter le négatif, le troisième épisode, les Tracas de Zigouillot, ne mesure plus que 70 mètres (contre 120 mètres à l’origine). On y apprend que, après avoir été arrêtés par le détective Zigouillot, les Pieds Nickelés sont parvenus à s’évader par une cheminée. Coincés dans l’orifice d’une façade en bois, ils sont emportés par le vent et retombent aux pieds de Zigouillot. Le quatrième volet, intitulé Filochard se distingue, montre la fuite des Pieds Nickelés à travers les égouts. Surpris par la montée des eaux, Filochard parvient à sortir par un soupirail et, après quelques mésaventures, il rejoint ses complices. |
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La particularité du dernier épisode est d’avoir été retrouvé par des voies détournées. En effet, la seule trace qu’il en reste à ce jour est un extrait utilisé pour les besoins d’un documentaire rétrospectif sur le cinéma d’animation français : Au pays de la fantaisie de Serge Griboff (1945). Jusqu’à l’année 2003, ce film n’était visible qu’à travers des copies en 16 mm de mauvaise qualité. La découverte récente du négatif d’origine en 35 mm devrait permettre de restaurer l’épisode dans de meilleures conditions, d’autant qu’elle coïncide avec le don d’une copie safety de la Filmoteka Narodowa (Pologne) composée de divers extraits de la série, dont 38 mètres susceptibles de combler l’une des parties encore manquantes. On y voit les trois compères à la sortie des égouts s’embarquant à bord d’une locomotive. Leur insouciance provoque une collision avec un autre train. Couvert de suie, Croquignol se déguise en fatma et tente d’attirer le public des fêtes foraines. Après cet essai peu concluant, les trois complices s’essayent aux machines à sous avec un kinétoscope et un distributeur de pain. La fin de l’épisode est manquante. |
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On admet généralement que la série fut stoppée à la fin de la guerre du fait de la réquisition des studios Éclair par le service cinématographique de l’armée américaine. Dans les années qui suivirent, les Pieds Nickelés, eux, continuèrent leur carrière d’escrocs à travers de nombreux albums. Leur route devait encore croiser par trois fois le cinéma, mais avec des acteurs en chair et en os cette fois : - sous la direction de Marcel Aboulker : les Aventures des Pieds Nickelés, 1948, - le Trésor des Pieds Nickelés, 1949 - et de Jean-Claude Chambon : les Pieds Nickelés, 1964, (avec Charles Denner : Filochard, Michel Galabru : Ribouldingue, Jean Rochefort : Croquignol, Francis Blanche, Micheline Presle, Jacques Jouanneau, ...). [Sa piètre réputation explique sans doute pourquoi il n'est jamais diffusé à la télévision et pourquoi aucune copie n'en existe en VHS ni en DVD. Dommage, la distribution faisait rêver...] Reprise par plusieurs dessinateurs dont le plus connu reste Pellos, la série dessinée, elle, s’acheva finalement en 1988. |
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Qui sait si d’autres éléments permettront de compléter la restauration de la version imaginée par Cohl, encore très incomplète ? |
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L'expression « pieds nickelés » signifie « ceux qui ne sont pas portés sur le travail ». Elle vient soit du fait que les pieds en nickel sont trop précieux pour servir à marcher ou travailler, soit de « pieds niclés », pieds atteints de rachitisme ne permettant donc pas un travail soutenu. D'après Jean Tulard, l'expression provient d'une pièce de Tristan Bernard. Dans l'argot du début XXème siècle, « avoir les pieds nickelés » signifiait être paresseux et désigna nos trois escrocs à la petite semaine. L'expression populaire s'est amplifiée et désigne au XXIème siècle des personnages peu recommandables, comploteurs, filous, à la fois malhonnêtes et manquant de sérieux. extrait de Wikipédia. |
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Pour la mémoire, la conservation, la valorisation de l’histoire et de l’économie de l’industrie du film à Epinay, Cité du Cinéma. | ||
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